Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, a ouvert le 14 avril la conférence sur l’e-commerce à l’international « TPE / PME : cap e-xport! ». Cette manifestation était ouverte aux experts, professionnels et chefs d’entreprises pour échanger sur le e-commerce. Ce qu’il en est ressorti globalement, c’est que grâce au e-commerce,  les entreprises françaises peuvent proposer, à moindre coût, leurs produits ou services aux quelques 150 millions d’européens qui achètent régulièrement sur internet :

Le e-commerce, vecteur en plein développement, permet de débuter ou de doper ses ventes à l’international que l’on soit une TPE, une PME ou une entreprise de plus grande taille.

Les marchands français se positionnent petit à petit sur ce marché numérique, ce qui est une bonne chose, mais cela ne suffit pas à mon sens, faut-il encore s’adresser aux consommateurs européens, qui n’ont jamais été aussi proches de nous, dans leurs langues !

Si vous deviez traduire votre site dans une langue européenne, feriez-vous forcément les bons choix ? je vous laisse lire l’interview de Julie FOLTZ, professionnelle de la traduction pour vous faire une idée :

– Bonjour Julie, alors comme ça tu es traductrice ? C’est encore un métier ça ? 

Parce qu’avec les sites de traduction que l’on trouve sur le web, plus personne n’a besoin de toi non ?

Je suis traductrice et formatrice en langues. Je pratique l’anglais et l’espagnol. Ces deux pratiques sont complémentaires et me permettent d’avoir une vision d’ensemble, c’est-à-dire à 360 ° de ces langues.
Pour tracer en quelques mots mon parcours, j’ai suivi des études de langues LEA (Langues Etrangères Appliquées). Dans ce cursus, les thèmes d’application sont l’économie, les affaires et le commerce. J’ai donc validé une maîtrise dans ce domaine puis une autre en Traduction spécialisée dont le but est d’apprendre les rouages de ce métier, avec notamment des cours de mise en pratique de traduction, de terminologie et recherche terminologique.
Les années de pratique sont venues confirmer qu’une langue est une entité à part entière, qu’en traduction l’équivalence numérique est inadaptée. Toute langue possède ses propres caractéristiques et vient adapter une manière de nommer, de décrire, d’illustrer en fonction de son histoire, de son habitat.
Les clients avec qui je travaille depuis plusieurs années ont compris l’importance d’un message adéquat.
Umberto Eco dans son livre « Dire presque la même chose » se prête à ce petit jeu de soumettre un texte au rouleau compresseur des « traducteurs automatiques », soit ces machines outils qui viennent affronter des mondes impossibles. C’est dire si le poil de bien des traducteurs s’est hérissé face à ces distordeurs de mots.
Beaucoup plongent dans cette notion d’apparente facilité.
Le consommateur se doit de devenir acteur car « si c’est gratuit, c’est toi le produit. »

 

– Oui mais bon, pour traduire un site, on n’a pas le budget, et ce qu’on trouve sur le web, c’est gratuit et ça fait gagner du temps…

En apparence celui qui a recours à une machine pour traduire pense que cela peut lui faire gagner du temps et de l’argent. Les effets secondaires attendus sont en réalité bien au-delà des espérances.
Une image vaut mille mots alors voici un exemple de traduction réalisée par une machine en ligne :

 

Lorsque vous lisez cette phrase quel effet ça vous fait ?

  1. Le français est très bien maîtrisé c’est vraiment très agréable,
  2. Je ressens un manque de considération, un manque de respect pour ma langue,
  3.  Peu m’importe, je ne la comprends pas.

Pour avoir de la qualité, adressez-vous à un traducteur humain. Cette personne vous posera des questions, échangera avec vous. Ce temps que l’on appelle de la relation client permet de discerner vos attentes, votre cible, vos délais.
Un traducteur humain vous propose un devis selon vos besoins, vos choix : traduire un document (format Word, Excel, PDF…), l’insérer directement sur votre site. Vos besoins vous sont propres, le traducteur s’adapte.
La qualité, les compétences, ça se paie. En choisissant l’option machine, vous perdez en réalité du temps car cela affecte votre image et affiche un certain manque de sérieux.

 

– Ok donc si je veux de la qualité, je vais faire appel à une vraie traductrice. Mais pour traduire quelques mots, ça marche quand même ces sites non ?

Comment se comporte la machine face à deux, trois mots à traduire ?

Mais qu’a fait la machine quand elle a traduit ? Elle a fait du mot à mot, elle a oublié que deux mots ensemble se comportent différemment, elle a oublié le contexte. Et les mots ont ensuite été imprimés sans aucune vérification humaine avertie.

Un traducteur est un joueur et jongleur de mots. Il vient adapter le sens voulu par l’auteur dans l’autre langue en fonction du contexte.

« Linguistiquement et culturellement parlant, un texte est une jungle où un locuteur indigène assigne parfois pour la première fois un sens aux termes qu’il emploie, et où ce sens peut ne pas correspondre au sens que les mêmes termes peuvent prendre dans un autre contexte. » Umberto Eco

Si vous pensez que ce mal atteint uniquement certains prescripteurs, jugez par vous-mêmes :

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Un monde de non-sens vous convient-il ?

Voulez-vous d’un monde où la machine domine ?

Voulez-vous être apprivoisés par des machines ?

Arthur Dreyfus explore notre temps, le bonheur et ses méandres avec le chercheur Jean-Michel Besnier.

Un traducteur aime les mots et leur rend justice.

Interview menée par Cécile Courtais, conceptrice-rédactrice
Contenu rédigé par Julie Foltz, traductrice et formatrice.